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Le Processus Organisateur de l’Humanité (POH)

  • Photo du rédacteur: Michèle Dera-Blanchon
    Michèle Dera-Blanchon
  • il y a 15 heures
  • 5 min de lecture

selon Richard Meyer


Le Processus Organisateur de l’Humanité (POH), élaboré par le Dr Richard Meyer,

psychiatre, psychanalyste et fondateur de l’École Européenne de Psychothérapie

Socio- et Somato-Analytique (EEPSSA), désigne un programme universel

d’autorégulation et de transformation inscrit au cœur de la psyché et du corps

humain.


Ce processus se déclenche dans des situations de saturation où les repères et

structures habituels du sujet, qu’ils soient mentaux, corporels ou sociaux,

s’effondrent, ouvrant la voie à une réorganisation globale de la prise de conscience.


Loin d’être un simple mécanisme de survie, le POH constitue un principe d’évolution, par lequel l’être humain accède à une conscience élargie, intime et transcendantale.


1. Origine et fondements du POH

Les travaux du Dr Richard Meyer s’appuient sur une observation pluridisciplinaire

croisant la psychiatrie, la psychanalyse, la phénoménologie et la psychosomatique.

Inspiré par les témoignages d’expériences de mort imminente (EMI) décrits par

Raymond Moody ou Pim van Lommel, ainsi que par sa propre pratique de plus de

soixante ans en psychothérapie et somato-analyse, Le docteur Meyer postule que le corps et la psyché disposent d’un algorithme d’auto-organisation, activé lorsque les structures du mental volontaire atteignent leur seuil de saturation.


Ce mécanisme s’observe dans trois grands types de contextes :

1. Les EMI traumatiques, consécutives à un accident, un coma ou un arrêt

cardiaque (saturation biologique brutale) ;

2. Les EMI extatiques, provoquées par des expériences esthétiques, mystiques,

amoureuses ou artistiques d’une intensité émotionnelle extrême ;

3. Les EMI thérapeutiques, suscitées dans le cadre d’une cure

psychocorporelle profonde (respiration amplifiée, actings reichiens,

méditations guidées), où le thérapeute reproduit les conditions d’une

saturation contrôlée.


Dans chacun de ces cas, le mental volontaire cède la place à un processus

autonome et universel, que Meyer qualifie d’« organisateur de l’humanité », car il

tend vers une réintégration harmonieuse de l’être humain dans sa globalité bio-

psycho-spirituelle.


2. Déclenchement du processus : de la saturation à la subversion


Le POH s’active dans les situations de rupture ou de sidération, où le système

psychique ordinaire est temporairement débordé.


Cette subversion du volontaire correspond à la première phase du processus : le

contrôle rationnel s’effondre, le sujet cesse d’agir par la volonté consciente et entre dans un mode de fonctionnement du cerveau par défaut.

Ce basculement peut résulter d’un choc traumatique, d’une expérience

d’émerveillement devant une beauté bouleversante ou d’un relâchement profond

induit par la respiration et la présence corporelle.

Dr Richard Meyer parle alors d’un “hack”, d’une intrusion soudaine du vivant dans le système conscient, qui peut être brutal (dans les EMI traumatiques) ou progressif

(dans les EMI extatiques et thérapeutiques).

Cette subversion ouvre un champ d’expérience inédit : le corps et la psyché

reprennent la main sur le mental, amorçant la séquence organisatrice proprement

dite.


3. Les cinq étapes du cycle du POH


Richard Meyer décrit le POH comme un cycle en cinq étapes principales, parfois

prolongé par une sixième phase d’intégration durable.

Chaque étape correspond à la subversion d’un niveau d’organisation de l’être :

volontaire, corporel, mental, social et amalgamant.


3.1. La subversion du volontaire : le lâcher-prise

Le processus débute par la rupture du contrôle conscient.

Le mental “volo” (volontaire) est désactivé : le sujet n’agit plus, il est agi.

Cette suspension du vouloir permet le passage au mode par défaut, état de

disponibilité totale où le corps et la psyché peuvent se réorganiser selon leur propre logique.

Neurobiologiquement, cet état s’accompagne d’une modification du flux respiratoire, d’une baisse du tonus musculaire et d’une altération des réseaux neuronaux du contrôle exécutif.


3.2. La subversion corporelle : l’éveil énergétique

Le relâchement du volontaire entraîne une activation énergétique.

Le corps entre en vibration : chaleur, frissons, flux internes, mouvements spontanés, tremblements neurogéniques.

Les cuirasses musculaires se dissolvent, permettant à l’énergie vitale de circuler

librement.


Cette étape correspond à l’émergence du mode autonome, où la régulation

physiologique se substitue à la volonté.

Le sujet fait l’expérience d’un plaisir d’exister, d’une volupté organique, décrite par

Meyer comme « l’éveil du vivant ».


3.3. La subversion mentale : la lumière et l’extase

Lorsque le corps s’ouvre, le mental se subvertit à son tour.

Les pensées s’effondrent, le langage se suspend, laissant place à une expérience de lumière, d’images colorées, d’extase ou d’unité.


Cette étape, souvent symbolisée par la traversée du tunnel et la rencontre avec la

lumière dans les EMI, correspond à une expansion de la conscience : la perception

devient globale, le temps et l’espace se dilatent.

Cette étape correspond également à l’émergence du mode autonome, où la

régulation physiologique se substitue à la volonté.


3.4. La subversion sociale : la communion


Vient ensuite la subversion du social.

Le sujet sort des cadres de l’individualité et accède à une expérience de communion universelle.


Il rencontre des proches décédés, des figures archétypales ou symboliques, ou

ressent un amour inconditionnel, l’agapè.

Cette étape s’inscrit dans le mode « holo » (holistique), où la conscience se relie au tout et dépasse la séparation du moi.


3.5. La subversion amalgamante : le retour et l’intégration

Après l’extase, vient le retour dans le corps.

L’expérience doit s’amalgamer au quotidien pour devenir transformation.

Cette réintégration permet au sujet d’habiter sa vie autrement, avec une conscience élargie et une authenticité renouvelée dans sa relation à soi, aux autres et au monde.

Il s’agit de la pleine présence.


3.6. La sixième étape : la transformation durable

Le docteur Meyer évoque une sixième phase dans le prolongement du POH : celle de la transformation existentielle.

Le vécu n’est pas seulement réparateur ; il est évolutif.

Le sujet manifeste une réduction de la peur de la mort, un recentrage sur l’essentiel, une ouverture spirituelle et une cohérence accrue entre pensée, émotion et action.


Le POH devient alors un moteur de croissance et d’humanisation, intégrant les

dimensions biologique, psychique, sociale et spirituelle de l’existence.


4. Interprétation : le POH comme algorithme de la Vie

Le Processus Organisateur de l’Humanité peut être compris comme la mise en acte de l’algorithme de la vie décrit par Richard Meyer dans sa théorie de l’Expérience Absolue (E = M.I³, « expérience de mort immanente, intégrante, initiante »).

Cette équation, fondée sur la triade Expérience – Évidence – Excellence, postule

que tout être vivant s’organise pour transformer la crise en croissance, la sidération en conscience, la mort en mouvement.


Ainsi, le POH incarne-t-il cette dynamique universelle :

  • L’Expérience déclenche la rupture,

  • L’Évidence émerge dans la lumière ou dans l’unité et la compréhension.

  • L’Excellence s’incarne dans la transformation et la réintégration.


Le POH révèle ainsi l’intelligence organisatrice du vivant, cette capacité inhérente à l’humanité de se réinventer face à la perte, au danger ou à la beauté, en traversant la mort symbolique pour renaître à un niveau supérieur d’être.


Le Processus Organisateur de l’Humanité, tel que l’a défini le docteur Richard Meyer, constitue une grille de lecture intégrative de la transformation humaine.

À la croisée des approches biologiques, psychiques et spirituelles, il décrit le chemin par lequel l’être humain, confronté à la saturation, trouve dans la désorganisation la voie d’une réorganisation supérieure.


En articulant les dimensions du corps, de la psyché et du lien social, le POH éclaire

la dynamique même de la Vie : celle d’un mouvement permanent d’effondrement et de renaissance, par lequel l’humanité s’éprouve, se dépasse et s’humanise.

 
 

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